15.09 2015

Interview : Computer Arts

Le maga­zine Com­pu­ter Arts nous a fait l’honneur d’une inter­view, dans son n°239 de Mai 2015, afin d’en savoir glo­ba­le­ment plus sur notre tra­vail. On y parle notam­ment d’impression, béton et cartes de vœux…

Quel est le plus grand défi pour des desi­gners qui sou­haitent uti­li­ser des tech­niques d’im­pres­sion inha­bi­tuelles dans leur travail ?

Eprou­ver le concept
Le plus grand défi dans l’utilisation de pro­cé­dés inno­vants est la réus­site en mul­tiple. Il est assez facile de réa­li­ser une créa­tion pour quelques exem­plaires mais beau­coup plus com­pli­qué d’obtenir de grandes quan­ti­tés avec la même qua­li­té. Pour exemple, lorsque nous avons créé les cartes de visites en béton, nous avons réa­li­sé le concept nous même avec du béton ache­té en maga­sin de bri­co­lage afin d’en éprou­ver le concept et de le dépo­ser. Nous avons ensuite tra­vaillé pen­dant un an avec une socié­té éla­bo­rant du béton haute per­for­mance pour pou­voir déve­lop­per un sys­tème de série et un busi­ness plan.

Avez-vous une rela­tion pri­vi­lé­giée avec un impri­meur ou sélec­tion­nez-vous un nou­veau pres­ta­taire à chaque nou­veau projet ?

Un réseau
Nous avons un réseau d’imprimeurs et de tech­ni­ciens spé­cia­li­sés. Ils peuvent être rapides, exi­geants, curieux, spé­cia­li­sés en off­set, let­ter­press, séri­gra­phie, façon­nage, découpe laser,etc. Nous savons avec qui tra­vailler ou qui mettre en rela­tion avec le client en fonc­tion des contraintes créatives.

Com­ment trou­vez-vous de nou­velles tech­niques d’im­pres­sion et com­ment faites-vous pour vous tenir au cou­rant des inno­va­tions dans le domaine de l’impression ?

Une équipe en veille permanente
Cha­cun des membres de l’équipe créa­tive suit au quo­ti­dien des sites et blogs de références.
Nous essayons éga­le­ment d’élargir nos domaines de recherches et de réfé­rences en nous influen­çant d’univers créa­tifs tels que l’architecture, l’art contem­po­rain, la mode. Nous pen­sons que lors de la concep­tua­li­sa­tion créa­tive, plus les recherches sont vastes et plus le résul­tat sera pointu.

Com­ment être sûr de ne pas tom­ber constam­ment dans la récur­rence et ain­si faire en sorte que le pro­cé­dé soit tou­jours per­ti­nent par rap­port au contenu ?

Inven­ter les possibles
Un pro­jet, ou plus pré­ci­sé­ment une créa­tion gra­phique dans notre cas, ne doit pas être pen­sée en fonc­tion d’une tech­nique d’impression. En deve­nant une contrainte elle risque de ne plus être per­ti­nente. C’est en inver­sant ce pro­ces­sus, et en trou­vant les moyens et pro­cé­dés tech­niques en fonc­tion de la créa­tion, que nous obte­nons de nou­veaux domaines d’expression. C’est pour­quoi le tra­vail de recherches de nou­veaux sup­ports et pro­cé­dés au quo­ti­dien per­met aux créa­tifs d’appréhender le poten­tiel créa­tif et tech­nique de leurs réalisations.

Concer­nant votre pro­jet de cartes de vœux, com­ment la tech­nique d’im­pres­sion a‑t-elle réus­sie à s’a­dap­ter au concept ?

Un cas concret : l’encre gonflante
Dans notre pro­jet de cartes de vœux, la créa­tion était orien­tée sur un gra­phisme élé­gant et sobre jouant sur les dif­fé­rences de volumes et de tex­ture ren­dues par la lumière. L’utilisation d’un gau­frage aurait sim­ple­ment joué sur les volumes. Nous avons alors cher­ché à trou­ver une tech­nique nous per­met­tant d’atteindre le même résul­tat mais avec un tou­ché dif­fé­rent. Nous avons uti­li­sé de l’encre gon­flante appor­tant une tex­ture proche du papier dit « Skin ». Le pro­blème rapi­de­ment ren­con­tré a été celui de trou­ver un papier résis­tant à la haute tem­pé­ra­ture, ce qui est indis­pen­sable pour faire gon­fler cette encre. Après de mul­tiples tests, il s’est avé­ré que les papiers haut de gamme ne résis­taient pas, et les papier de fort gram­mage non plus. Seul un Pop­set stan­dard de 350 g a résis­té après avoir été mis sous presse durant une semaine.

À pro­pos du pro­jet EXO, pour­quoi avoir choi­si ce traitement ? 

Le pro­jet EXO
EXO est une agence d’ar­chi­tec­ture fran­çaise. Le prin­cipe fon­da­teur de ce cette iden­ti­té visuelle est un jeu de pers­pec­tives, de maté­riaux et d’élé­ments fon­da­men­taux. Nous avons étu­dié le papier comme les maté­riaux de construc­tion : les direc­teurs artis­tiques sont deve­nus archi­tectes et les gra­phistes sont deve­nus des chefs de pro­jet. Notre ambi­tion était de don­ner une cer­taine sen­sa­tion de volume à des sup­ports 2D. La concep­tion du logo et de l’i­den­ti­té visuelle a d’a­bord été ima­gi­née par un sys­tème qui nous a per­mis de jouer avec la sphère gra­phique comme un élé­ment archi­tec­tu­ral sin­gu­lier. Cette notion du volume se trouve sur les prin­cipes de la pers­pec­tive qui sont créés par des lignes de conver­gence, le choix des reflets noirs et blancs la puis­sance gra­phique de la matière, du volume et de ses contrastes. Les élé­ments sont cou­pés à tra­vers des formes de sorte qu’ils ren­forcent l’ef­fet de pro­fon­deur : ils apportent la dis­con­ti­nui­té néces­saire et deviennent un élé­ment consti­tu­tif de l’i­den­ti­té visuelle.

Quels conseils don­ne­riez-vous à ceux qui veulent uti­li­ser des pro­cé­dés d’im­pres­sion inno­vants dans leur travail ?

L’impression n’est pas une contrainte
Le conseil que nous pour­rions leur don­ner est de ne pas pen­ser l’impression comme une contrainte. Bien connaître les pro­cé­dés et res­ter à la pointe de l’actualité dans l’ensemble des domaines de créa­tion leur per­met­tront d’adapter avec jus­tesse les tech­niques et pro­cé­dés à leurs projets.